La réification. Yves HALFON

1 year ago by in Normandie Tagged: ,

yves-halfonLes ressources de l’inconscient

1.1 Volonté active/volonté passive

Pour traiter certains troubles par l’hypnose, le patient doit prendre conscience que sa volonté consciente au monde et active ne peut rien ; par contre, après avoir fait un canevas d’analogies, le «laisser faire » l’inconscient devient indispensable. Nos pensées et notre imagination affectent notre physiologie et réciproquement. C’est là un postulat fondamental :l’unicité de la personne humaine, conçue comme un tout psychophysiologique indissociable. Nous pouvons ainsi déposer des messages sous forme de symboles dans notre inconscient et laisser «infuser » comme un sachet de thé dans une théière. A la volonté active («toujours faire ») se substituerait une « volonté pas sive» : en transe après avoir montrer par analogie, métaphore, ce que l’on souhaitait à son inconscient, être disponible à ce que quelque chose va arriver. La dissociation « conscient/inconscient» est fondamentale pour permettre au corps de se soigner. Le conscient devient « observateur bienveillant ».

Le travail symbolique

On peut travailler aussi une image d’énergie curative qui envahit le corps et se porte sur les zones meurtries, en s’appuyant sur la respiration : « En même temps que vous inspirez, imaginez une énergie entrer en vous et vous aider à lutter contre la maladie, et sur l’expiration le corps se débarrasse de toutes les toxines, les poussières, les tensions accumulées depuis longtemps, dans les zones meurtries de votre corps, dans tout votre corps. » «L’esprit conscient » crée l’image ou reprend ce que l’«esprit inconscient » lui donne. Apprendre à « halluciner » visuellement l’énergie et ressentir des sensations de chaleur ou de picotements ou autre chose sur les zones atteintes.

On peut faire circuler un large sourire dans chaque partie du corps, ou bien faire le tour du propriétaire, saluant d’abord le cerveau, et etc. : « Merci de faire ce qu’il faut et de le faire bien. »

Congruence entre émotion, cognition et comportement

Forte congruence entre émotion, cognition et comportement. T. X. Barber : « Au lieu de rester dans le vague et de se demander comment l’hypnose peut elle altérer des fonctions et des processus organiques immuables, posons-nous la question plus précise et plus productive : comment la suggestion de sentir penser-mémoriser-imaginer de façon différente, inhabituelle, en abandonnant toute préoccupation superflue, provoque-t-elle la guérison de verrues, l’amélioration de maladies de peau incurables, l’inflammation cutanée et l’apparition de cloques, l’inhibition de réactions allergiques ? »

A une patiente souffrant d’eczéma, alors qu’elle était dans une transe hypnotique, elle s’imaginait qu’« elle se baignait dans une petite étendue d’eau peu profonde dont elle sentait sur son corps l’eau fraîche, cristalline, et elle profitait de la fraîcheur et du pouvoir de purification de cette eau. Elle s’imaginait qu’en traversant ce ruisseau, elle allait du passé vers l’avenir ». Cette jeune femme devait répéter elle-même cette imagerie aussi souvent que possible.

Description du phénomène : la réification

Pour celui qui considère que tout est lié, que le semblable peut agir sur le semblable, il est possible d’intervenir sur n’importe quel élément à partir d’un autre élément analogue : «L’image est ce mélange de métaphore, de comparaison, d’analogie, bref de décrochage d’une langue commune vers une parole plus individuelle qui traverse les données du réel pour faire apparaître des correspondances jusque-là cachées, voire inconnues. Faire une image revient à préférer le figuré au littéral ; à déplacer et à défaire les lignes de la représentation concrète ; en un mot, à inaugurer une liaison neuve, à travers la parole, entre soi et le monde. »

revue hypnose & therapies breves n°10

Pour vous abonner

Hypnose et Thérapies Brèves. Leçon d’humilité…
Histoire courte, conte, légende universelle, tableau de maître, ou simple image, la métaphore existe depuis la nuit des temps et inspire notre vie quotidienne. Des livres sacrés millénaires aux publicités les plus contemporaines, elle porte un message analogique perçu à un méta-niveau de notre pensée.

Utilisation des métaphores en thérapie
«En matière de métaphore, les apparences sont tout, sauf trompeuses.»
Qu’y a-t-il entre le corps et la pensée ? Entre la matière et le sens ? Nos possibilités de concevoir tournent court, le langage lui-même s’es souffle. On dit alors : «C’est comme si » pour trouver, avec la métaphore, un symbole, une parabole.

Métaphores sur Grand Ecran : utilisation des films en thérapie narrative avec les toxicomanes
Construites ou filées, développées ou succinctes, universelles ou personnelles, les métaphores offertes ici par la Présidente de la Société Européenne d’Hypnose constituent une boîte à malice d’une portée thérapeutique et d’une inspiration exceptionnelles.

Le poète, le patient et l’hypnothérapeute
Ce travail 1 nous amène à faire un rapprochement entre le langage poétique et le langage hypnotique. Nous découvrirons les points de ressemblance, comme l’utilisation de l’imaginaire pour toucher l’émotion, le corps, l’inconscient 2. La différence se fera dans la relation à l’autre et le rôle du patient en tant que cocréateur du langage figuratif3,

Les métaphores
Définitions. La métaphore, du grecμεταφορα ‘(« metaphorá »= transport), est une figure de style fondée sur l’analogie. Un terme est substitué à un autre, issu d’un champ lexical différent, parce qu’il lui ressemble ou partage avec celui-ci une qualité essentielle.

L’heure du changement
Deux images métaphoriques me servent « d’accroche » quand les patients les remarquent dans mon cabinet de consultations.
La première est donc cette pendule que j’ai suspendue dans un endroit ni trop en vue, ni trop discret, et qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre normale.

L’enchantement hypnotique des métaphores. Joyce C. MILLS, Ph.D.
« Autant que je puisse en juger, le seul but de l’existence humaine est d’allumer une lumière dans l’obscurité de l’être. »
Les métaphores sont hypnotiques de par leur simple existence. `

Fier d’être « un pot fêlé »
Il y a bien longtemps, un soignant m’envoya ce conte hindou. Je ne me souviens plus du nom du soignant. Ma mémoire est comme ce « pot fêlé ». Je remercie encore cette personne de cet envoi.

La métaphore, une communication intersubjective directe
« La métaphore n’est pas pour le vrai poète une figure de rhétorique, mais une image substituée qu’il place réellement devant ses yeux à la place d’une idée. » Friedrich Nietzsche

Henri le Hérisson. Céline BENHARROCH LEININGER
Tout commence pour Emma et sa maman par un début de réification : – « Cela pique comment ? – Comme un hérisson. – Quelle couleur est ce hérisson ? – Rouge !»
Puis la maman construit l’histoire de Henri le Hérisson.
Emma a 4 ans et elle vient de se faire opérer des végétations.

Création et utilisation de contes métaphoriques en hypnose
Les contes ont bercé mon enfance. Ils ont été les premiers éléments d’un imaginaire hypnotique.
Quand j’étais petite, mon frère aîné, Christian, me racontait des histoires le soir avant d’aller dormir. Au début, il s’agissait d’histoires connues, de contes classiques.

Les histoires de grand-père. Marco KLOP
Raconter des histoires permet de s’évader et de faire évader ceux qui les écoutent dans une réalité différente, une réalité imaginaire. Pour ce faire, le narrateur utilise des mots, certains précis, d’autres plus vagues.

Le nez fin. Camille ROCHE-DJEFFEL
Voici une double métaphore pour les praticiens pressés comme moi ou « comment expliquer l’hypnose médicale tout en faisant les soins ». Attention, prêt, partez !
« M. Al Ambique a un gros problème, il est très sensible des dents mais pas sensible comme tout le monde…

La réification. Yves HALFON
Les ressources de l’inconscient
Pour traiter certains troubles par l’hypnose, le patient doit prendre conscience que sa volonté consciente au monde et active ne peut rien ; par contre, après avoir fait un canevas d’analogies, le «laisser faire » l’inconscient devient indispensable.

L’énigme de la Perle Noire. Métaphore de la rencontre du « Comte de Brosseau » Ou une métaphore qui en cache une autre
Disons en entrée de jeu que les métaphores ne sont pas ma tasse de thé. Si j’en développe dans mes consultations c’est par inadvertance ou d’une façon non intentionnelle. D’ailleurs, si vous questionnez Claude Virot ou Yves Halfon sur mon langage thérapeutique, ils vous diront la même chose : « Gaston raconte à peu près n’importe quoi à ses patients. »

Marion CHERVY

Journaliste web spécialisée dans le domaine de la santé, en hypnose et thérapies brèves.

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